Sommaire de l'article
- La règle de base à retenir avant de faire son sac
- Chili : Torres del Paine et la CONAF
- Argentine : Los Glaciares, Tierra del Fuego et l’APN
- Comment demander une autorisation APN
- Où peut-on légalement faire voler son drone en Patagonie ?
- Enregistrement et normes générales : DGAC (Chili) vs ANAC (Argentine)
- Que risque-t-on concrètement en cas d’infraction ?
- Alternatives pour ramener de belles images sans drone
- En résumé
Un drone dans le sac, l’envie de ramener des images à couper le souffle du Fitz Roy, de Torres del Paine ou du glacier Perito Moreno : c’est une idée qui traverse la tête de beaucoup de voyageurs avant un départ en Patagonie. Mauvaise nouvelle pour la majorité d’entre eux : dans la quasi-totalité des sites les plus photogéniques de la région, faire voler un drone est interdit sans autorisation préalable, aussi bien côté chilien que côté argentin. Voici ce que disent réellement les règlements, comment demander une autorisation si vous en avez besoin, et où vous pouvez légalement décoller.
La règle de base à retenir avant de faire son sac
En Patagonie, l’immense majorité des paysages qui donnent envie de sortir un drone — Torres del Paine, Los Glaciares (El Calafate, El Chaltén), Tierra del Fuego (Ushuaia), Nahuel Huapi (Bariloche) — sont situés à l’intérieur de parcs nationaux ou réserves protégées. Or, dans ces deux pays, les parcs nationaux interdisent par défaut le vol de drones, quelle que soit leur taille ou leur usage (loisir ou professionnel), sauf autorisation écrite délivrée à l’avance par l’organisme gestionnaire.
Ce n’est pas une zone grise : c’est une interdiction explicite, appliquée sur le terrain par les gardes-parcs, avec des conséquences réelles en cas de contrôle.
Chili : Torres del Paine et la CONAF

La CONAF (Corporación Nacional Forestal), qui gère les parcs nationaux chiliens, a explicitement interdit l’usage récréatif et touristique des drones dans l’ensemble des aires sauvages protégées du pays, y compris Torres del Paine. La justification officielle est la perturbation de la faune sauvage (condors, guanacos, nandous) par le bruit et la présence visuelle des appareils.
Concrètement :
- Aucun drone ne peut décoller dans le parc, quel que soit son poids ou son modèle, sans autorisation spéciale de la CONAF.
- Un visiteur surpris en train de faire voler un drone risque une expulsion immédiate du parc.
- L’incident peut être signalé à la DGAC (Dirección General de Aeronáutica Civil), l’autorité de l’aviation civile chilienne.
- Cette règle s’applique aussi bien à l’intérieur du parc (Mirador Las Torres, Mirador Base Torres, W Trek, O Circuit) qu’à ses abords immédiats gérés par la CONAF.
Le règlement du parc, consultable via l’administration de Torres del Paine, classe explicitement les drones et appareils radiocommandés parmi les activités non autorisées.
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Argentine : Los Glaciares, Tierra del Fuego et l’APN

Côté argentin, c’est l’Administración de Parques Nacionales (APN) qui encadre l’usage des drones, sur la base de la loi 22.351 qui interdit les survols motorisés dans les zones protégées, sauf exceptions précises (urgence, recherche scientifique, gestion du parc, ou autorisation spécifique).
Cela concerne directement :
- Le parc national Los Glaciares, qui englobe à la fois El Calafate (glacier Perito Moreno) et El Chaltén (Fitz Roy, Cerro Torre)
- Le parc national Tierra del Fuego, aux portes d’Ushuaia
- Le parc national Nahuel Huapi, autour de Bariloche et de la région des lacs
Sans autorisation, l’usage d’un drone dans ces zones est interdit — y compris pour un usage strictement personnel et non commercial dans de nombreux cas. Les sanctions prévues par l’APN sont dissuasives : amende, confiscation du matériel et des images tournées, et interdiction pouvant aller jusqu’à 7 ans de toute activité soumise à autorisation des Parcs Nationaux.
Comment demander une autorisation APN
Si vous avez un projet précis (voyage professionnel, contenu créateur, film), une demande formelle doit être envoyée avant votre départ — comptez plusieurs semaines de délai de traitement. Les contacts utiles :
- [email protected] — pour les demandes de tournage et prise de vue (photo/vidéo, drone inclus)
- [email protected] — pour toute question générale sur les autorisations
- Téléphone : +54 11 3985-3800
Pour un simple voyage touristique sans projet de contenu particulier, il est presque toujours plus simple et plus sûr de laisser le drone au fond du sac dans ces parcs plutôt que de risquer la confiscation du matériel.
Où peut-on légalement faire voler son drone en Patagonie ?

Tout n’est pas interdit partout : en dehors des parcs nationaux et réserves, les règles générales d’aviation civile (DGAC au Chili, ANAC en Argentine) s’appliquent, avec des conditions classiques :
- Voler uniquement dans des zones non peuplées, loin des aéroports, des routes et des habitations
- Garder l’appareil en vue directe (VLOS — vol à vue)
- Respecter les plafonds d’altitude (voir section suivante)
- Ne jamais survoler des personnes qui ne participent pas au vol
En pratique, cela réduit les possibilités à des terrains privés (avec l’accord explicite du propriétaire, par exemple certaines estancias), des zones rurales éloignées des parcs, ou certains points de la région des lacs non classés en réserve. Avant de décoller n’importe où en Patagonie, vérifiez toujours le statut exact de la zone : beaucoup de sites qui semblent “en dehors” d’un parc en sont en réalité à la lisière ou à l’intérieur d’une zone tampon protégée.
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Enregistrement et normes générales : DGAC (Chili) vs ANAC (Argentine)
Même en dehors des zones protégées, chaque pays impose ses propres règles d’enregistrement et de plafond d’altitude pour les drones.
| Chili (DGAC — norme DAN-151) | Argentine (ANAC — RAAC) | |
|---|---|---|
| Enregistrement obligatoire | Oui, si le drone dépasse 750 g ou est construit en matériau rigide | Oui, enregistrement numérique gratuit pour la catégorie ouverte (usage récréatif, jusqu’à 25 kg) |
| Accréditation / connaissances | Requise selon le type d’usage | Accréditation gratuite de connaissances de base obligatoire |
| Altitude maximale | 400 pieds (environ 120 m) au-dessus du sol | 122 m en vol à vue (VLOS), abaissé à 43 m dans un rayon de 5 km autour d’un aérodrome |
| Zones interdites | Parcs nationaux, réserves, zones peuplées, aéroports | Parcs nationaux, zones peuplées, proximité d’aérodromes |
Il n’existe aucun seuil de poids en dessous duquel les règles ne s’appliquent plus — contrairement à ce que l’on trouve dans d’autres pays avec un seuil à 250 g. Même un mini-drone doit respecter ces plafonds d’altitude et, surtout, reste interdit dans les parcs nationaux.
Que risque-t-on concrètement en cas d’infraction ?
Les contrôles ne sont pas systématiques, mais les gardes-parcs (guardaparques côté argentin, guardaparques CONAF côté chilien) sont formés à repérer les drones, notamment sur les sites les plus fréquentés comme le Mirador Base Torres ou le Mirador Los Cóndores à El Chaltén. En cas d’infraction constatée :
- Au Chili : expulsion immédiate du parc, signalement possible à la DGAC, amende administrative selon la gravité.
- En Argentine : confiscation du drone et des images/vidéos tournées, amende, et interdiction pouvant atteindre 7 ans de toute activité nécessitant une autorisation de l’APN — une sanction lourde si vous êtes créateur de contenu ou photographe professionnel.
Au-delà du risque légal, il faut aussi rappeler la raison d’être de cette interdiction : le bruit et la présence d’un drone peuvent stresser durablement la faune sauvage (condors andins, guanacos, oiseaux nichant en falaise), particulièrement sensible dans ces écosystèmes isolés.
Alternatives pour ramener de belles images sans drone
Pas besoin d’un drone pour repartir avec des photos spectaculaires de Patagonie :
- Les miradors aménagés offrent des points de vue déjà pensés pour la photo : Mirador Base Torres, Mirador Cóndor à El Calafate, Mirador Los Cóndores à El Chaltén.
- Un grand-angle ou un objectif polyvalent sur un boîtier classique capture très bien l’immensité des paysages patagoniens, glaciers et sommets compris.
- Les excursions en bateau (navigation devant le glacier Perito Moreno, croisière vers les glaciers du parc Los Glaciares) donnent des angles impossibles à obtenir autrement, sans aucune restriction.
- Les vols panoramiques en avion ou hélicoptère, proposés dans certaines zones (notamment autour d’El Calafate), sont une alternative légale pour des prises de vue aériennes, encadrée par des opérateurs qui détiennent déjà les autorisations nécessaires.
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En résumé
Avant de faire une place au drone dans votre valise pour la Patagonie, retenez l’essentiel : interdit par défaut dans les parcs nationaux au Chili comme en Argentine (Torres del Paine, Los Glaciares, Tierra del Fuego, Nahuel Huapi), autorisation préalable obligatoire pour tout projet nécessitant un vol en zone protégée, et enregistrement du matériel exigé même en dehors des parcs selon son poids. Pour un simple voyage touristique, le plus simple reste souvent de miser sur les miradors, les excursions en bateau et les vols panoramiques encadrés — sans risquer l’amende ni la confiscation du matériel à quelques jours de la fin du voyage.
Questions fréquentes
Peut-on voler avec un drone à Torres del Paine ?
Non, sauf autorisation spéciale de la CONAF. Le règlement chilien interdit l'usage récréatif et touristique des drones dans tous les parcs nationaux et réserves, quelle que soit la taille de l'appareil. Un drone repéré dans le parc peut entraîner l'expulsion immédiate et un signalement à la DGAC (Direction générale de l'aéronautique civile).
Peut-on voler avec un drone dans le parc national Los Glaciares (El Calafate, El Chaltén) ?
Non, sans autorisation préalable de l'Administración de Parques Nacionales (APN). La loi argentine 22.351 interdit les survols motorisés dans les aires protégées, drones inclus. Une demande écrite doit être envoyée avant le voyage à [email protected] pour tout usage photo ou vidéo, y compris non commercial dans certains cas.
Que risque-t-on si on fait voler un drone sans autorisation dans un parc national ?
En Argentine, la sanction peut aller de l'amende à la confiscation du matériel et du film, avec une interdiction pouvant atteindre 7 ans de toute activité soumise à autorisation de l'APN. Au Chili, l'expulsion du parc et un signalement à la DGAC sont les conséquences les plus courantes, avec un risque d'amende administrative.
Où peut-on légalement faire voler son drone en Patagonie ?
En dehors des parcs nationaux et réserves, dans des zones non peuplées, hors des aéroports et sans survoler de personnes : par exemple certaines plages de la région des lacs, des terrains privés avec accord du propriétaire, ou des estancias qui autorisent l'usage de drones. Toujours vérifier le statut de la zone avant de décoller, car de nombreux sites emblématiques (Fitz Roy, Perito Moreno, Ushuaia, Bariloche) se trouvent en tout ou partie dans des aires protégées.
Faut-il enregistrer son drone avant de partir en Patagonie ?
Cela dépend du pays et du poids de l'appareil. Au Chili, un drone de plus de 750 g ou en matériau rigide nécessite un enregistrement DGAC. En Argentine, la catégorie ouverte (usage récréatif, moins de 25 kg) exige un enregistrement numérique gratuit auprès de l'ANAC et une accréditation de connaissances de base, à faire avant le départ.
Un petit drone de moins de 250 g échappe-t-il à toutes ces règles ?
Non, pas en Patagonie. Contrairement à d'autres pays, le Chili n'a pas de seuil officiel à 250 g : c'est le poids de 750 g et le matériau qui déterminent l'obligation d'enregistrement. Et surtout, l'interdiction de voler dans les parcs nationaux CONAF et APN s'applique à tous les drones, quel que soit leur poids.